Vaccination quasi généralisée, entretiens pharmaceutiques boudés : votre officine est-elle vraiment alignée sur ce que l'Assurance maladie attend d'elle ?
La vaccination est devenue un réflexe d'officine. Les entretiens pharmaceutiques, eux, restent un chantier à moitié construit. Entre les deux, un écart qui s'est creusé en 2025 et que les pouvoirs publics regardent de près à l'heure d'annoncer de nouvelles missions.
Pour un titulaire, la question n'est plus « faut-il s'y mettre ? » mais « où en est-on, concrètement, par rapport au reste du réseau ? ». Les chiffres publiés par l'Assurance maladie donnent une réponse précise, et parfois inconfortable.
📍 Checklist offre d'emploi en pharmacie : pour recruter ou reformuler un poste taillé pour absorber ces nouvelles missions.
Télécharger la checklist →Sur ce terrain, le réseau officinal n'a plus rien à prouver. À juin 2025, 92 % des pharmacies avaient réalisé au moins une vaccination contre la grippe, et 93 % avaient assuré les rappels, des niveaux quasi stables par rapport à 20241. Sur l'ensemble de l'année, la vaccination toutes indications confondues a progressé de 15 %, pour atteindre 21,3 millions d'actes, dont 9,5 millions rien que pour la grippe (+ 5,4 %)2.
Cette généralisation a un effet direct sur la rémunération : la seule vaccination antigrippale a rapporté 4,5 millions d'euros au réseau à juin 2025, en hausse de 2,2 millions par rapport à l'année précédente1. Le dépistage du cancer colorectal, lui, marque le pas : 94 % des officines s'y sont investies en 2025, contre 100 % en 2024, pour une rémunération en recul de 11,4 %1. Un signal à surveiller, même s'il reste marginal à ce stade.
C'est là que le bât blesse. Moins de 19 % des officines ont réalisé, au premier semestre 2025, un entretien pharmaceutique, qu'il s'agisse du suivi d'un patient sous anticoagulant, d'un bilan partagé de médication ou d'un accompagnement de la femme enceinte1. En cause, invariablement : le manque de temps et d'effectifs pour caser ces rendez-vous dans le flux du comptoir1.
Le détail des dix chiffres clés de 2025 confirme un réseau à deux vitesses : 46 % des officines ont réalisé au moins un accompagnement pharmaceutique, avec une moyenne de 58 entretiens dans l'année, mais une médiane à 9 seulement, preuve qu'une minorité d'officines tire la moyenne vers le haut pendant que la majorité reste en retrait3. Seuls 25 % des pharmaciens ont réalisé un rendez-vous de prévention, et 25 % un entretien pour un patient sous antalgique de palier 23.
Pourtant, ces entretiens ne sont pas seulement une obligation conventionnelle : ils dynamisent aussi les ventes associées. Un TROD angine réalisé au comptoir fait grimper les ventes de produits contre les maux de gorge de 53 % en volume, soit 10 300 euros par an et par pharmacie en moyenne4. Le TROD cystite, lui, dope les ventes de produits pour le confort urinaire de 15 % en volume (6 600 euros par an), et l'entretien de la femme enceinte, celles liées à la grossesse de 16 % en volume (1 800 euros)4.
Aucune de ces données ne suggère un manque d'appétence des équipes officinales. Dès 2024, l'Observatoire de l'économie officinale relevait déjà un engagement massif sur la vaccination : 98 % des officines pour la grippe, 90 % pour la Covid-19, 93 % pour les autres vaccins du calendrier5. Le problème n'est donc pas l'adhésion au principe des nouvelles missions, mais la capacité à leur dégager un créneau dans un planning déjà saturé.
Les entretiens sont proposés « quand on a le temps », c'est-à-dire rarement. Ils reposent sur la bonne volonté d'un ou deux pharmaciens, sans visibilité sur la charge réelle ni sur la rémunération générée.
Les entretiens sont planifiés à l'avance, répartis dans l'équipe, et suivis comme n'importe quel acte facturé. La charge devient prévisible, et les ventes associées qu'ils génèrent sont enfin valorisées.
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Voir l'infographie →Le sujet ne va pas se refermer de lui-même. Les pouvoirs publics engagent des discussions pour généraliser d'autres nouvelles missions, notamment via le dispositif Osys (Organisation dans le Système de Soins)1. La question de la rémunération et de la charge de travail sera, une nouvelle fois, au cœur des négociations1.
Pour les officines qui ont déjà structuré leurs entretiens, cette généralisation sera une confirmation. Pour celles qui les subissent encore au coup par coup, elle risque d'être un rattrapage stressant. Mieux vaut être dans la première catégorie avant que le cadre ne change une nouvelle fois.
Absorber ces nouvelles missions sans épuiser l'équipe passe aussi par l'organisation du quotidien : 10 cas d'usage de l'IA en officine, prompts prêts à l'emploi et checklist RGPD incluse.
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