La thèse en poche, ou presque : trois chemins s'offrent à vous. Aucun n'est meilleur qu'un autre dans l'absolu — mais chacun implique des choix très différents pour la suite.

Adjoint, titulaire, salarié en industrie ou en parapharmacie : la question se pose tôt, parfois dès la 5e année. Voici ce qui distingue vraiment ces trois voies, au-delà des clichés.


Adjoint : se former sur le terrain, sans porter le risque

Devenir adjoint reste le chemin le plus emprunté à la sortie des études. C'est l'occasion de pratiquer le métier au quotidien, dans des contextes variés, sans assumer les responsabilités financières et managériales d'un titulaire.

Ce que ça implique concrètement :

  • Une montée en compétence progressive
    Conseil, gestion d'équipe, relation labo : autant de savoir-faire qui s'apprennent sur la durée, aux côtés d'un titulaire expérimenté.
  • Une liberté de mouvement
    Changer d'officine, de région, ou même de spécialisation reste plus simple qu'en tant que titulaire.
  • Un revenu stable, mais plafonné
    Le salaire d'un adjoint évolue avec l'ancienneté, mais reste sans commune mesure avec le potentiel de revenu d'un titulaire.

C'est aussi une voie à part entière, pas seulement une étape : de nombreux pharmaciens choisissent d'exercer comme adjoint toute leur carrière, par goût pour la pratique clinique sans les responsabilités de gestion, ou pour préserver un équilibre de vie différent. Ce choix mérite d'être assumé comme un projet professionnel complet, au même titre que l'installation.

Pour d'autres, l'adjonction est aussi le meilleur terrain de préparation à une future installation : elle permet d'observer de l'intérieur la gestion d'une officine, de tester différents contextes (rurale, urbaine, de garde), et de construire progressivement son projet avant de sauter le pas.


Titulaire : le pari entrepreneurial

S'installer, c'est changer de posture : devenir chef d'entreprise, avec tout ce que cela implique de responsabilités, mais aussi d'autonomie et de potentiel de développement.

Adjoint

Salaire fixe, responsabilité limitée à la pratique officinale, mobilité facilitée.

Titulaire

Revenu lié à la performance de l'officine, décisions stratégiques et financières, ancrage local fort.

L'installation ne se limite plus aujourd'hui au schéma classique du premier achat isolé. Trois options coexistent :

  • Premier achat
    Reprendre une officine existante, seul ou associé — la voie la plus fréquente pour un premier projet.
  • Association
    S'installer à plusieurs permet de mutualiser l'apport financier et de partager la charge de travail, au prix d'une gouvernance à construire ensemble.
  • Transfert ou création
    Plus rare en premier projet, mais possible dans certaines zones sous-dotées.

Le financement reste le premier obstacle cité par les jeunes diplômés. C'est un sujet sur lequel les groupements comme Médiprix jouent un rôle concret, notamment via Médiprix Corp, un dispositif de financement entre pharmaciens du réseau.


Salarié hors officine : une voie moins visible, mais réelle

Industrie pharmaceutique, parapharmacie, recherche clinique, pharmacie hospitalière : le diplôme de pharmacien ouvre des portes en dehors de l'officine, souvent moins mises en avant pendant les études.

Cette voie convient particulièrement à ceux qui souhaitent s'éloigner du contact patient quotidien, ou qui s'intéressent à des sujets spécifiques (réglementation, développement produit, affaires médicales). Elle implique en général une réorientation progressive, parfois via un stage ou un premier poste juniorisé.


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Une question à se poser avant de choisir

Au-delà des trois voies, une question simple aide souvent à clarifier le choix : qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier au départ ? Le contact patient, la gestion d'une équipe, l'entrepreneuriat, la science ? La réponse oriente naturellement vers l'une des trois voies, sans que le choix soit jamais définitif : de nombreux pharmaciens changent de trajectoire en cours de carrière.

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3 questions à se poser avant de vous engager dans une voie

  • Cherchez-vous à apprendre, ou à décider ?
    Si l'envie principale est d'approfondir votre pratique clinique sans porter de risque financier, l'adjonction est probablement la meilleure première étape.
  • Avez-vous déjà un projet de zone géographique ?
    Un projet d'installation se construit souvent autour d'un territoire. Si ce n'est pas encore le cas, l'adjonction permet d'explorer plusieurs régions avant de se fixer.
  • Qu'est-ce qui vous freine le plus : le financement, ou le manque de repères ?
    Ce ne sont pas les mêmes solutions. Le financement se travaille avec des partenaires bancaires et des groupements ; le manque de repères se comble par le mentorat et l'échange avec des titulaires en exercice.

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Olivier Spaeth
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