Chez les 2-14 ans, les actes pour grippe ont bondi de 77 % en une semaine. La campagne de vaccination, elle, ne démarre que le 13 octobre 2026.
Le bulletin hebdomadaire de Santé publique France du 23 septembre 2026 est net : sur la semaine du 14 au 20 septembre, les indicateurs grippe, bronchiolite et infections ORL progressent fortement chez les moins de 15 ans, avec une hausse de 77 % des actes pour grippe chez les 2-14 ans relevés par le réseau SOS Médecins1. Trois semaines avant l'ouverture officielle de la campagne 2026-2027, le décalage entre la circulation virale et le calendrier vaccinal est déjà un sujet de comptoir.
📍 Qui est éligible, et qui peut vacciner ? — un configurateur pour trancher en 30 secondes selon l'âge et le profil du patient.
Ouvrir le configurateur →La campagne 2026-2027 contre la grippe saisonnière et la Covid-19 ouvre le 13 octobre 2026, en métropole comme en outre-mer, et se referme entre le 21 décembre 2026 et le 3 janvier 2027 selon les zones2. Les premières commandes de vaccin Comirnaty pour les officines ont pu être passées dès le 28-29 septembre, avec un délai de livraison annoncé à 10 jours3.
Autrement dit : au moment où la campagne ouvre, la saison respiratoire aura déjà près d'un mois d'avance sur les années précédentes. Pour l'officine, cela change la manière d'aborder le sujet avec les patients à risque : ce n'est plus « pensez-y avant l'hiver », c'est « le créneau est maintenant ».
Sont ciblés en priorité, avec une prise en charge à 100 % : les personnes de 65 ans et plus, les femmes enceintes, les patients atteints d'une pathologie à risque (asthme, diabète, cardiopathies…), les résidents d'Ehpad, ainsi que les professionnels de santé et du secteur médico-social4. Les enfants de 2 à 17 ans sans comorbidité restent éligibles, mais avec une prise en charge à 65 %5 : un point à clarifier au comptoir, car la différence de reste à charge freine parfois des parents pourtant volontaires.
Côté vaccination elle-même, le pharmacien peut injecter dès 11 ans, hors antécédent d'allergie sévère à l'ovalbumine et sous réserve d'avoir suivi la formation DPC et déclaré son activité de vaccination à l'ARS. En dessous de 11 ans, une prescription médicale reste nécessaire et l'injection ne relève pas du pharmacien5.
Pour un patient de 11 ans ou plus sans bon d'Assurance maladie, le pharmacien devait s'appuyer sur un bon vierge disponible via amelipro, sans réelle autonomie de prescription.
Le pharmacien est habilité à prescrire ET administrer les vaccins grippe et Covid-19 pour les populations cibles, avec prise en charge à 100 % sur présentation du bon3. Pour les autres patients, la délivrance reste soumise à ordonnance.
Ce changement de statut mérite d'être mis en avant dans la communication patientèle : beaucoup de patients ignorent encore qu'ils peuvent se faire vacciner à l'officine sans détour par le médecin traitant, même sans bon en poche.
Commandes, plannings, équipe formée : avant le 13 octobre, vérifiez que rien ne manque.
Voir la checklist →En parallèle de la campagne grand public, la Haute Autorité de santé a préconisé une obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour l'ensemble des professionnels de santé, avec un déploiement prioritaire en Ehpad et USLD avant une extension progressive sur deux ans6. Le constat qui motive cette position : un taux de couverture vaccinale des professionnels autour de 20 % en établissements de santé et 21 % en Ehpad sur la saison 2024-2025, très loin de l'objectif de 90 % évoqué par la HAS6. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 pose la base légale ; un décret en Conseil d'État doit encore préciser les conditions d'application, sans date arrêtée à ce stade.
Pour une équipe officinale, le sujet dépasse la seule patientèle : titulaires, adjoints et préparateurs sont eux-mêmes concernés par cette dynamique, dans un métier de contact avec des patients fragiles.
Pour aller plus loin sur l'organisation de la campagne : configurateur d'éligibilité et checklist de lancement, prêts à utiliser au comptoir.
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