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Laboratoires et officine : la relation passe au digital

Rédigé par Olivier Spaeth | Sep 18, 2026, 10:01:14 AM

Le laboratoire ne passe plus forcément par la porte de l'officine, il passe par un écran.

Pendant longtemps, la relation entre un laboratoire pharmaceutique et une officine tenait en une poignée de rendez-vous par an : un délégué qui passe, un catalogue papier, une formation en salle une fois l'an. Ce modèle n'a pas disparu, mais il n'est plus le seul. Extranets professionnels, applications de mise en relation, formations continues en ligne : les laboratoires investissent des outils numériques pour rester présents dans le quotidien du pharmacien, sans forcément y être physiquement.

Pour un titulaire ou un adjoint, cela change concrètement la manière de commander, de se former et de choisir ses partenaires commerciaux.

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Des extranets qui remplacent une partie de la visite terrain

Le premier chantier, le plus visible, concerne la commande et l'accès à l'information produit. Plusieurs laboratoires ont développé leur propre espace professionnel en ligne, accessible depuis un ordinateur ou une application mobile, où le pharmacien retrouve catalogue, documentation scientifique, outils marketing et parfois commande directe.

C'est le cas de Pierre Fabre, dont l'application Espace Pro centralise ces services pour les professionnels de santé, pharmaciens compris1. L'objectif affiché : rendre disponible à tout moment ce qui nécessitait auparavant un rendez-vous ou un appel au service client.

Avant

Un rendez-vous planifié avec le délégué, une fois toutes les quelques semaines, pour découvrir une nouveauté ou passer une commande groupée.

Aujourd'hui

Un accès permanent à la documentation et à la commande via un extranet ou une appli, en complément (et non en remplacement) du contact terrain.

Le logiciel de gestion officinale, autre porte d'entrée vers les laboratoires

Extranets mis à part, une bonne partie de la relation avec les laboratoires transite déjà par un outil que le pharmacien utilise tous les jours : son logiciel de gestion officinale (LGO). Winpharma, par exemple, propose avec winAutopilote une automatisation des commandes passées auprès des grossistes, des plateformes et directement des laboratoires, couplée à une gestion des stocks qui ajuste les approvisionnements selon les ventes réelles2.

L'intérêt pour l'officine : ne pas multiplier les interfaces. Plutôt que de jongler entre l'extranet de chaque laboratoire, une partie de la commande peut partir directement depuis le LGO, qui connaît déjà le niveau de stock et le rythme de vente réel.

Digitaliser la relation avec vos partenaires, c'est aussi digitaliser vos propres outils internes. Le guide IA en officine vous montre par où commencer.

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La formation continue, elle aussi financée et diffusée en ligne

Troisième terrain d'investissement : la formation. Le développement professionnel continu (DPC) du pharmacien s'est largement ouvert au format e-learning ces dernières années, porté par des organismes comme OCP Formation, qui propose des parcours en ligne pour les titulaires, adjoints et équipes officinales3, ou Ma Formation Officinale, plateforme e-learning éditée par DMVP Formation et accréditée par l'Agence nationale du DPC (ANDPC)4.

Pour un laboratoire, financer ou relayer ce type de formation est un moyen de rester associé à la montée en compétences des équipes d'officine sur ses produits ou sur des thématiques de santé publique, sans dépendre d'une session en présentiel forcément plus coûteuse à organiser à grande échelle.

Un nom pour cette évolution : le trade marketing

Cette bascule vers des outils et des services partagés porte un nom dans la littérature professionnelle : le trade marketing. Théorisé aux États-Unis dans l'univers de la grande distribution avant de s'implanter dans le secteur pharmaceutique, ce concept vise une performance mutuelle entre laboratoire et officine, plutôt qu'une simple négociation de prix5.

Concrètement, la relation laboratoire-officine ne se limite plus à la vente d'un produit au distributeur (le sell-in) : elle intègre l'accompagnement de la vente en pharmacie elle-même (le sell-out), via le merchandising, les animations commerciales, la publicité sur le lieu de vente ou la formation des équipes. Des activations OTC saisonnières chez UPSA, des dispositifs de lancement produit chez Arkopharma ou des animations vitrine et linéaire chez La Roche-Posay en sont des illustrations connues du secteur5.

Derrière les outils, une bataille pour cibler juste

Ce qui change vraiment n'est pas seulement l'outil, c'est ce qu'il permet de faire avec la donnée. Les laboratoires utilisent de plus en plus leurs données propriétaires (sites, campagnes) et celles de partenaires pour cibler des campagnes selon la pathologie ou le traitement, mesurer précisément le retour sur investissement d'une opération, ou suivre un traitement en vie réelle, une logique déjà bien installée sur le marché des médicaments sans ordonnance6.

Pour l'officine, cela se traduit concrètement par des opérations commerciales de plus en plus pilotées : certains groupements de pharmacies proposent désormais aux laboratoires des tableaux de bord pour suivre en temps réel la performance d'une opération, pharmacie par pharmacie. Une évolution qui profite aussi au titulaire, à condition de savoir lire ces indicateurs plutôt que de les subir.

Le rôle des groupements dans ce pilotage

Entre le laboratoire et l'officine, les groupements de pharmacies occupent une position particulière. Certains, comme Médiprix, ont développé leurs propres outils digitaux pour piloter, pour le compte des laboratoires partenaires, la diffusion et le suivi des opérations de trade marketing sur l'ensemble de leur réseau : mise en avant en rayon, campagnes ciblées, remontée de la performance de vente pharmacie par pharmacie.

Pour le laboratoire, l'intérêt est de disposer d'un point d'entrée unique pour toucher plusieurs centaines d'officines à la fois plutôt que de négocier une par une. Pour le pharmacien adhérent, cela signifie que la relation avec certains laboratoires passe désormais aussi par les outils de son groupement, en complément d'une négociation directe.

Avant de vous engager sur un outil ou un partenariat digital

  • Qui possède mes données ?
    Un extranet laboratoire peut collecter vos habitudes de commande. Vérifiez ce qui est partagé et à quelles fins avant de l'utiliser au quotidien.
  • L'outil m'engage-t-il commercialement ?
    Certaines plateformes conditionnent avantages ou accès à des volumes de commande. Lisez les conditions avant d'en dépendre.
  • Est-ce vraiment un gain de temps ?
    Un outil de plus n'est utile que s'il remplace une tâche existante. Sinon, il s'ajoute à la charge plutôt que de l'alléger.

Avant de resigner une opération avec un laboratoire, chiffrez-la. Le calculateur de ROI vous donne le gain net réel et le seuil à ne pas manquer.

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Sources

  1. Laboratoires Pierre Fabre, Espace Pro, consulté en 2026.
  2. Winpharma, winAutopilote, commandes automatisées pour la pharmacie, consulté en 2026.
  3. OCP Formation, Formation continue pour les pharmaciens et leurs équipes, consulté en 2026.
  4. Ma Formation Officinale (DMVP Formation), FAQ, consulté en 2026.
  5. Sidely, Trade marketing pharmaceutique : leviers en officine, consulté en 2026.
  6. Le Journal du Net, Les laboratoires pharmaceutiques à l'heure du marketing de la donnée.