Le nombre de pharmaciens titulaires recule. Celui des adjoints progresse. Ce n'est pas un hasard, c'est un signal. Décryptage des freins réels et des leviers qui font basculer la décision.
Les chiffres semblent se contredire. Le nombre de pharmaciens adjoints inscrits à l'Ordre progresse de 8,4 % en dix ans et de 2,6 % entre 2023 et 2024, tandis que le nombre de titulaires recule de 11,4 % sur la même décennie1.
En parallèle, en 2023, près de 470 places en deuxième année d'études de pharmacie sont restées vacantes, traduisant une perte d'attractivité de la filière2.
La profession dispose donc de pharmaciens qualifiés, mais de moins en moins d'entre eux franchissent le pas de l'installation. Pourquoi ?
1. Le poids financier de l'acquisition. C'est le frein le plus cité, et le plus légitime. Avec un prix moyen de cession à 2,68 fois la marge pour les officines de plus de 400 K€ de marge3, le ticket d'entrée reste élevé. Dans certaines zones rurales, des officines ont même été proposées à la reprise pour un euro symbolique, sans trouver preneur2, preuve que le problème n'est pas seulement financier, mais aussi économique et de perception.
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Simuler ma capacité d'emprunt →2. La rentabilité perçue comme dégradée. L'EBE représente 8,6 % du chiffre d'affaires en 2024, un chiffre historiquement bas, dû à la baisse de la marge brute et à la croissance des frais de personnel et généraux4. Pour un adjoint qui observe cette évolution de l'extérieur, la question est légitime : est-ce que le jeu en vaut encore la chandelle ?
3. La charge de gestion. La croissance du nombre d'adjoints s'explique par la moindre attractivité du statut de titulaire, source de contraintes, couplée à la réduction du nombre d'officines5. Responsabilité réglementaire, gestion des ressources humaines, pression administrative : le statut de titulaire effraie autant qu'il attire.
Pourtant, le marché continue de fonctionner. 52 % des dossiers étudiés par Interfimo en 2024 concernaient des premières installations, représentant plus de 450 opérations, preuve que le métier attire toujours4. Ce qui fait la différence entre ceux qui renoncent et ceux qui se lancent, c'est rarement le dossier lui-même, c'est l'accompagnement. Trois éléments sont déterminants :
Avant de vous positionner sur un dossier, évaluez l'officine sur les 4 axes qui comptent vraiment, pas seulement sur son prix affiché.
Voir la checklist →Parmi les adjoints qui rejoignent notre réseau avant de s'installer, la grande majorité cite le même facteur décisif : avoir pu échanger avec des titulaires qui ont vécu le même parcours. Le parrainage par des pairs, combiné à un accompagnement sur le dossier bancaire, réduit significativement le délai entre intention et décision.
Les syndicats et l'Ordre explorent par ailleurs de nouvelles pistes pour faciliter l'accès au statut de titulaire, notamment une réforme du statut d'adjoint vers le collaborat libéral, une évolution qui pourrait, à terme, créer une voie progressive vers la titularité4.
Les adjoints ne renoncent pas par manque d'ambition. Ils renoncent par manque de visibilité. Le marché officinal est complexe, les chiffres sont souvent mal interprétés, et les décisions bancaires se prennent sur des bases parfois erronées. Ce qui les fait revenir ? Un projet bien cadré, un financement solide, et des interlocuteurs qui connaissent la réalité du terrain.
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