53 % des transactions de pharmacie en 2025 impliquent au moins un associé en première installation. L'étude Interfimo 2026, construite sur 888 transactions réelles, permet de corriger quelques idées reçues avant de vous engager.
Vous n'êtes pas seul dans cette démarche — mais vous êtes probablement en train de regarder le marché avec des grilles de lecture qui datent d'une autre époque1.
📋 Évaluer une officine à reprendre — les 4 axes à passer en revue avant toute offre.
Voir la checklist →Le nombre de transactions recule légèrement : 1 407 opérations contre 1 442 en 2024. La baisse est portée presque exclusivement par les cessions de titres de sociétés, qui chutent de 16 %. À l'inverse, les cessions de fonds de commerce progressent de 9,5 % et représentent désormais 57 % des opérations1.
Pourquoi cet écart ? En partie à cause d'un effet fiscal — la dérogation permettant d'amortir fiscalement les fonds commerciaux a été anticipée comme devant prendre fin au 31 décembre 2025 (elle a finalement été prorogée jusqu'en 2029). Mais aussi parce que les repreneurs manifestent une réticence croissante à intégrer des groupes, notamment face aux valorisations élevées des grandes officines. Pour un primo-accédant, c'est une information structurelle : le marché du fonds de commerce est plus actif et plus accessible que celui des titres de société.
-16 % de transactions en 2025. Valorisations souvent élevées, accès plus difficile pour un primo-accédant.
+9,5 % de transactions en 2025, 57 % du marché. Segment le plus actif et le plus accessible en première installation.
Le réflexe naturel est de raisonner en pourcentage du chiffre d'affaires — « cette pharmacie se vend à 75 % du CA, est-ce raisonnable ? » Interfimo le dit clairement cette année : ce ratio n'est plus fiable. La montée des médicaments chers dans le CA crée des profils très disparates. Une pharmacie à 3 M€ de CA peut afficher une marge brute de 400 K€ ou de 700 K€ selon son mix produit. Le pourcentage du CA ne vous dit pas laquelle vous achetez1.
Les deux indicateurs à maîtriser sont désormais le multiple de marge brute et le multiple d'EBE retraité.
En 2025, les officines générant plus de 400 K€ de marge se cèdent en moyenne à 2,68 fois la marge brute. Celles générant moins de 400 K€, le segment le plus accessible pour une première installation, se cèdent à 1,88 fois la marge. La fourchette dans laquelle s'effectuent 60 % de ces transactions : entre 1,19 et 2,40 fois la marge. C'est large, et c'est précisément ce qui laisse de la place à la négociation si vous savez lire un dossier1.
En multiple d'EBE retraité, les petites officines se cèdent en moyenne à 5,8 fois en 2025, contre 5,4 en 2024. Cette hausse apparente n'est pas une bonne nouvelle : elle résulte de la dégradation de la rentabilité des exercices 2023 et 2024. L'EBE baisse plus vite que le prix de vente. Autrement dit, certains vendeurs maintiennent leurs prix alors que leurs résultats se dégradent, et ce décrochage est masqué par le multiple d'EBE qui monte mécaniquement1.
21 % des premières installations portent sur des pharmacies de moins de 400 K€ de marge. C'est le segment le plus accessible en termes de ticket d'entrée : le montant moyen emprunté par un primo-accédant est de 1 363 K€ en 2025, en hausse de 103 K€ par rapport à 20241.
Parmi ces petites officines, les données régionales révèlent des écarts significatifs. En Île-de-France, le prix moyen s'établit à 1,60 fois la marge, le niveau le plus bas de France, mais dans un marché où la concurrence est intense et les charges élevées. Dans le Grand Sud-Ouest, il atteint 2,29 fois, le niveau le plus élevé, mais avec une dynamique de marché plus favorable. Ces écarts reflètent des réalités économiques locales très différentes, pas seulement des préférences géographiques.
Le type d'implantation compte aussi. Les petites officines rurales voient leur valorisation progresser en 2025 (2,07 fois la marge contre 1,93 en 2024), signe d'une demande en hausse sur ce segment, probablement portée par des dispositifs d'aide à l'installation en zones sous-dotées. Les officines de quartier, à l'inverse, enregistrent une baisse marquée (1,76 fois contre 1,87), en partie parce que leur rentabilité se dégrade plus rapidement1.
Un emprunt moyen de 1 363 K€ en première installation — estimez votre propre capacité d'emprunt avant de vous positionner sur un dossier.
Simuler ma capacité d'emprunt →Trois questions que l'étude Interfimo vous invite à poser systématiquement avant toute offre.
En pratique. La première installation est aujourd'hui possible à des conditions de marché qui restent accessibles, à condition de ne pas acheter un chiffre d'affaires, mais une marge. La différence entre les deux, c'est ce qui déterminera votre capacité à rembourser votre emprunt, à vous rémunérer correctement, et à construire une officine qui vaut quelque chose dans dix ans.
Avant de signer, vérifiez que le prix correspond bien à ce que l'officine vaudra demain, pas seulement aujourd'hui : simulez sa valeur de cession.
Simuler la valeur de cession →