Une officine sur deux cherche un adjoint ou un préparateur. Augmenter le salaire n'est pas toujours possible, et ce n'est pas toujours ce qui fait la différence.

23 947 titulaires d'officine (-1,3 % sur un an) et 40,3 % de pharmaciens désormais adjoints contre 31,6 % de titulaires, dans un réseau resserré à 19 381 officines (-10,2 % depuis 2015)1 : le rapport de force a changé, et près d'une officine sur deux recherche aujourd'hui activement un adjoint ou un préparateur2.

Les officines qui recrutent sans faire de la surenchère salariale leur seul argument ont un point commun : elles ont changé ce qu'elles font avant, pendant et après l'entretien, pas seulement ce qu'elles paient. Voici les 10 pratiques observées chez elles, dans l'ordre où elles interviennent dans le process de recrutement.

📍 La checklist Une offre d'emploi qui attire reprend en version courte et actionnable les pratiques ci-dessous, à cocher avant publication.

Télécharger la checklist →

Avant l'entretien

  1. Une fiche de poste complète. Missions réelles, type de contrat, horaires, et avantages proposés au-delà du salaire : primes, formations, conditions de travail. Une annonce qui se limite à l'intitulé et au diplôme requis élimine des candidats qui, avec plus d'information, auraient postulé3.
  2. La fourchette salariale affichée. Indiquée dans l'annonce plutôt qu'en entretien, elle augmente le nombre de candidatures qualifiées et réduit le délai de recrutement : les candidats non alignés se retirent d'eux-mêmes4.
  3. Les bons canaux, activés dans l'ordre. Jobboards spécialisés santé (Team Officine, Apotiko, Club Officine) pour une audience qualifiée, puis le réseau existant (anciens stagiaires, remplaçants déjà venus en renfort), souvent la source la plus rapide à activer3.
  4. Une marque employeur prouvée, pas affichée. Un témoignage d'équipe publié tel quel sur LinkedIn, sans relecture corporate, convainc davantage qu'une punchline sur les valeurs de l'officine5.

Pendant le process

  1. Un entretien structuré, pas générique. Des mises en situation concrètes (comptoir tendu, analyse d'ordonnance, erreur de délivrance) pour évaluer à la fois les compétences techniques et les soft skills, en particulier l'intelligence émotionnelle et la gestion du stress, décisives au comptoir35.
  2. Un process resserré. Au-delà de deux ou trois entretiens et de deux à trois semaines, une partie des candidats a déjà signé ailleurs. Un feedback donné sous 48 heures à chaque étape fait la différence sur des profils recherchés4.
  3. Une offre attractive au-delà du salaire. Primes sur objectifs, formations continues financées, horaires flexibles si possible, perspectives d'évolution (associé, responsable)3.
Process traditionnel

4 à 5 entretiens espacés sur plusieurs semaines, retour donné "quand on a le temps", décision collégiale sans échéance fixée.

Process resserré

2 à 3 entretiens sur 10 à 20 jours, accès au titulaire dès le premier échange, retour donné sous 24 à 48h à chaque étape.

Une offre qui se rédige en 10 minutes plutôt qu'en 2 heures, avec les bons éléments dès la première version : le générateur d'offre d'emploi Médiprix.

Générer une offre →

Après le "oui"

  1. Un onboarding structuré. Un référent désigné dès le premier jour, un planning de première semaine préparé à l'avance et un point d'étape dans le premier mois réduisent nettement le risque de départ précoce, coûteux à plus d'un titre : recrutement à refaire, désorganisation, perte de patientèle habituée36.
  2. Une cooptation structurée. Informer régulièrement l'équipe en place des postes ouverts, avec une prime à la clé, mobilise un réseau que l'officine n'aurait pas touché autrement4.
  3. Un repère réglementaire à jour. La classification des emplois de l'officine a changé au 1er novembre 20257 : de quoi situer une offre de poste et un niveau de rémunération dans le cadre actuel plutôt que sur d'anciennes grilles.

3 questions à se poser avant de publier l'offre

  • La fourchette est-elle indiquée ?
    Sans elle, une partie des candidats qualifiés ne postule tout simplement pas.
  • Le process tient-il en 3 semaines ?
    Au-delà, le candidat a probablement une autre offre en cours.
  • Qui accueille le premier jour ?
    Si la réponse n'est pas immédiate, l'onboarding n'est pas encore prêt.

Construire une marque employeur ne se limite pas à une offre bien écrite : le guide complet, avec diagnostic d'équipe et protocole d'accueil des 15 premiers jours.

Faire le diagnostic →

Sources

  1. Conseil national de l'Ordre des pharmaciens (CNOP), Panorama de la démographie pharmaceutique 2025, publié juin 2026.
  2. Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF), Enquête sur les besoins en personnel, novembre 2023.
  3. Cover RH, 10 meilleures pratiques de recrutement d'un pharmacien, coverrh.fr.
  4. Bureau des Talents, Marque employeur PME : 7 actions concrètes, bureaudestalents.com.
  5. Team Officine, 3 clés pour bien recruter en pharmacie, team-officine.fr.
  6. ComboHR, Recruter en pharmacie, un challenge stratégique en 2025, combohr.com.
  7. FSPF, Nouvelle classification des emplois à l'officine : application au 1er novembre 2025, circulaire FSPF 2025-31a.
Olivier Spaeth
Olivier SpaethMédiprix